Assises des petites villes de France

Le défi des petites villes : confirmer leur attrait sur le long terme !

L'ANCT aux Assises AVPF
© Marie Mulot/ANCT

C’est à Dinan (22), en Bretagne, que l’ANCT a tenu un stand et participé aux ateliers thématiques organisés, les 15 et 16 septembre derniers, lors des Assises de l’association des petites villes de France, membre de son conseil d’administration. Des moments d’échanges entre élus, État et partenaires ont permis d’aborder la question du dynamisme des petites villes à l’ère post-covid et sur l’après, tout en faisant le lien avec les programmes pilotés par l’Agence.

« À côté d’une grande ville, il y a toujours une petite ville », a lancé Christophe Bouillon, président de l’Association des petites villes de France, lors de l’ouverture des Assises, les 15 et 16 septembre derniers, à Dinan.

La curiosité que suscitent ces villes de moins de 20 000 habitants a été plus forte depuis la crise sanitaire, c’est un fait. Même si « il n’y a pas eu d’exode urbain massif qui viderait les villes », les « tendances déjà présentes ont été accentuées » comme l’attrait vers les espaces périurbains et les territoires ruraux, a souligné Hélène Milet du Popsu.

Le regain d’intérêt pour les petites villes et le rôle de l’Agence mis en avant

Christophe Bouillon, président APVF
© Marie Mulot/ANCT

Au-delà de ce dynamisme suscité par un mode de vie plus calme et un cadre de vie plus vert, les petites villes font face à deux grands enjeux : la situation fragile de l’offre de soins et la revitalisation des centres-villes en lien avec une  nécessaire reconquête industrielle. Au sujet de ce second enjeu, Christophe Bouillon a salué les programmes Territoires d’industrie et Petites villes de demain, animés par l’ANCT, qui portent déjà leurs fruits sur le terrain. Mais, selon lui,« Il faut les conforter, améliorer ces dispositifs » et faire davantage un lien entre eux.

Le saviez-vous ?
À l’Isle-Jourdain, dans le Gers (32), nos deux programmes Petites Villes de demain et Territoires d'industrie s'allient aux collectivités pour favoriser le développement économique du territoire. Les leviers ? Soutenir le commerce de proximité et l’activité économique, notamment une usine d'assemblage de vélos. Voir la vidéo.

Cette problématique de revitalisation des centres est, d’ailleurs, partagée par plusieurs maires de petites villes qui tentent beaucoup d’actions, sur le terrain, pour faire venir les citoyens et les fidéliser sur leur territoire.

Ainsi, à Tonnerre (89), le maire Cédric Clech, qui a indiqué avoir perdu 2 500 habitants en vingt ans, a témoigné de la hausse de l’attractivité de son territoire grâce à la ligne TGV Paris-Dijon-Lyon et le déploiement du télétravail. Depuis deux ans, 10 commerces ont ouverts en centre-ville. Mais « Il faut que les écoles soient au rendez-vous, ainsi que la vie culturelle, et mettre en avant nos atouts pour qu’on soit vraiment désirables », a-t-il lancé. Selon lui, la communication est très importante pour valoriser ce que la ville sait faire. Constat partagé par Vincent Chauvet, maire d’Autun (71), qui a vu sa population baisser rapidement ces dernières années. Mais, il l’affirme : « Le discours médiatique sur les petites villes a changé avec des programmes comme Action cœur de ville ou Petites villes de demain », tous deux pilotés par l’Agence.

Enfin, la demande d’aide en ingénierie pour les petites communes a été soulevée par plusieurs participants aux échanges. Caroline Cayeux, ministre des Collectivités territoriales, a tenu à le rappeler dans son discours d’introduction : « L’ingénierie de l’ANCT est gratuite pour les petites communes de moins de 3 500 habitants ». Elle a également mentionné l’implication de l’Agence dans le déploiement des services publics de proximité (via France Services) ou, encore, dans l’avancement de l’Agenda rural (+ de 50 % des mesures déjà engagées dans les territoires : Internet mobile, Campus connectés, maintien des cafés et des épiceries, etc.). Ces dispositifs permettent de rendre les petites villes plus attrayantes.

Revitalisation du patrimoine : Petites Villes de demain en première ligne

Les Assises des petites villes ont été l’occasion de faire un point d’avancement sur Petites villes de demain, programme de 3 milliards d’euros en faveur de l’aménagement et de l’attractivité des petites villes piloté par l’ANCT : « 26 % des engagements prévisionnels ont déjà été réalisés », a annoncé la ministre Caroline Cayeux. Et parmi les grands sujets de revitalisation des centres, le patrimoine apparaît comme un des leviers importants car il touche, à la fois, les sujets d’espace public, d’habitat, de commerce, de mobilité ou, encore, d’économie, de connaissance et de lien social.

Juliette Auricoste, directrice du programme PVD
© Marie Mulot/ANCT

Dans un atelier sur le patrimoine, Juliette Auricoste, directrice du programme Petites villes de demain à l’ANCT, a indiqué  cinq moyens de le mettre au cœur d’une stratégie d’attractivité :

  1. Envisager le projet sur le long terme pour avoir une continuité temporelle
  2. Mettre en récit le projet pour donner envie
  3. Enrichir le projet par le biais de la participation citoyenne pour faciliter son appropriation par les citoyens
  4. Se positionner sur le tourisme culturel et durable avec l’aide notamment du plan « Destination France » (fonds dédiés au « slow tourisme » dans les territoires ruraux, fonds Tourisme durable élargit à l’agritourisme et à l’écotourisme, etc.)
  5. Jouer collectif en pensant à un projet à l’échelle de territoire.

Pour Philippe Le Goff, maire de Guingamp (22), ville intégrée à Petites Villes de demain, la reconquête du patrimoine doit « permettre aux concitoyens de s’installer pour qu’ils se mettent véritablement dans la carte postale ». Après avoir, dans un premier temps, travaillé sur les entrées de sa ville, le maire a entamé la réhabilitation de l’ancienne prison pour y installer un centre d’art visuel (résidences de photographes, diffusion d’œuvres, colloques, conférences…). Un projet total de 8 millions d’euros, qui permet désormais à cette petite ville de rayonner à l’international. Une reconquête du centre-bourg qui s’est aussi intensifiée avec la réhabilitation de logements, parfois classés, grâce aux aides de l’Anah, mais aussi d’investisseurs privés locaux, heureux de voir la ville qu’ils ont connue se transformer et donner à voir un nouveau récit. « En fait, je suis un peu un maire agent-immobilier ! », a-t-il confessé à la salle. Des projets qui donnent un nouveau souffle dans le centre de la ville et permettent d’améliorer le cadre de vie. Car « Le patrimoine, ce n’est pas que le château, c’est l’écrin dans lequel on vit », a conclu Marylise Ortic, directrice de Sites et Cités remarquable de France, partenaire phare du programme Petites Villes de demain.