Emploi des femmes : le temps partiel concerne particulièrement les territoires ruraux

29% des femmes en temps partiel contre 8% d'hommes

En France comme dans tous les pays européens, les conditions d’emploi des femmes sont moins favorables que celles des hommes (1 femme sur 3 en temps partiel, une précarité de l’emploi accrue…), contribuant à expliquer un écart de rémunération qui peine à se résorber (environ 24 % de moins). Mais comment ces disparités sont-elles liées aux territoires ? Analyse avec la nouvelle fiche publiée par notre Observatoire des territoires.

Un temps partiel qui touche plus particulièrement les zones rurales

Si au niveau national, 29 % des femmes sont en temps partiel contre seulement 8 % des hommes, ce phénomène est plus fréquent dans les zones rurales, où les femmes sont également plus précaires que les hommes. En clair, à la campagne, les femmes ont plus de chances d’être à temps partiel que dans les territoires urbains.

Femmes et hommes : une géographie du temps partiel inversée
Sources : Insee, RP 2026, ZAU 2010 et Grille communale de densité 2019. Réalisation : ANCT pôle ADT. 

Quatre  territoires se démarquent avec un taux élevé de femmes à temps partiel : la Loire-Atlantique, l’ex Région Rhône-Alpes, le Languedoc, et les territoires frontaliers de l’Est et du Nord. Et pour 4 femmes sur 10, ce temps partiel est considéré comme « subi » et est plus fréquent pour les mères de familles nombreuses.

Une ségrégation de l’emploi très marquée

Dans les territoires ruraux, une majorité d’offres d’emploi sont à dominante masculine : construction, agriculture, transports, entreposage… L’emploi féminin quant à lui est concentré dans un nombre plus réduit de secteurs d’activité : 20 % de l’emploi féminin concerne le secteur médico-social, plus souvent pourvoyeur d’emplois précaires ou affectés par des horaires irréguliers.

En ruralité : forte concentration de l'emploi des femmes dans le secteur médico-social
Sources : Insee, RP 2026, ZAU 2010 et Grille communale de densité 2019. Réalisation : ANCT pôle ADT. 

On note ainsi que les femmes travaillent également plus près de leur domicile que les hommes car elles ont des mobilités plus contraintes comme par exemple accompagner les enfants à l’école, faire les courses, effectuer des démarches administratives etc. Dans les territoires urbains, les iné­galités sociales sont plus marquées et les tensions sur le marché de l’emploi se traduisent par une plus grande probabilité pour les femmes de traverser des périodes de chômage, voire d’inactivité, malgré une offre d’emploi plus diversifiée.

 

Retrouvez toutes les données dans la fiche d’analyse « La dimension territoriale de l’accès à l’emploi des femmes » sur le site de notre Observatoire des territoires.