« L’ANCT permet de rendre les territoires plus agiles, rapides et efficaces dans la réalisation de leurs projets »

Francoise Laborde

Françoise Laborde, sénatrice de la Haute-Garonne et membre du CA de l’ANCT, fait le point sur les priorités après la crise sanitaire et nous explique ses attentes vis-à-vis de l’Agence.

En tant qu'élue nationale et membre du CA de l’ANCT, qu’attendez-vous de l’ANCT en termes de relance pour les territoires ?  Et comment envisagez-vous son action auprès des collectivités ?

 Il est évident que la relance économique doit passer par des politiques volontaristes émanant des collectivités territoriales, pour agir au plus près des citoyens, et celles-ci ont besoin d’accompagnement, voire de nouvelles étapes de décentralisation. C’est aussi l’occasion d’aller vers une plus grande autonomie des territoires, par exemple au travers de la résilience alimentaire, un sujet qui me tient à cœur. Face à l’ampleur de la crise que nous traversons, le temps presse. L’ANCT accompagne les territoires pour les rendre plus agiles, rapides et efficaces dans la réalisation de leurs projets. Les sénateurs ont un rôle crucial à jouer dans la promotion et la diffusion de cet accompagnement. Je m’associe aux recommandations de mes collègues sénateurs : l’action de l’ANCT doit se détacher d’une logique verticale et descendante dans ses appels à projets, pour coller au plus près des besoins, par exemple ceux des communes les plus petites.

Après la crise sanitaire et son impact économique qui touche durement les habitants des quartiers les plus fragiles, quelles sont les priorités, à votre avis ? 

Je connais bien les problématiques des quartiers prioritaires de la politique de la ville car, jusqu’au renouvellement de mars dernier, j’étais conseillère municipale de Blagnac où se trouve le quartier Barradels *. La priorité dans ces quartiers est l’accès aux services sociaux, communaux via les CCAS, ou bien départementaux via les Maisons des solidarités. C’est au sein des services sociaux que s’effectuent les alertes essentielles concernant les publics en difficulté. Or encore trop peu de personnes osent solliciter l’aide de ces services. Lorsqu’un suivi social est installé, il faut accorder une vigilance particulière à l’éducation des enfants et à la continuité de leur scolarité, par la présence de dispositifs d’aides aux devoirs par exemple. Enfin, en tant qu’élue locale à Blagnac, j’ai toujours milité pour un large accès à la culture, soit par le biais de billets offerts pour des spectacles ou des concerts, soit par le biais de productions « hors les murs » qui permettent la rencontre avec des artistes dans les quartiers.

Votre département, la Haute-Garonne, compte quatre espaces France services, à Rieumes, Nailloux, Villemur sur Tarn et Auterive. A quels besoins répond ce programme développé par l’ANCT avec les collectivités ?

La crise des gilets jaunes et l’issue du grand débat national ont montré des attentes extrêmement fortes des Français en termes d’accès aux services publics, de proximité, de désenclavement, et de simplification. Pour autant, les contextes et les problématiques ne sont pas nécessairement les mêmes, par exemple entre les quartiers de la politique de la ville et les zones rurales. Ces guichets France services uniques constituent donc une excellente avancée, mais le contenu et l’efficacité doivent être au rendez-vous, il y aura des évaluations. À travers la possibilité d’accompagnement des usagers dans leurs démarches dématérialisées (cours, mise à disposition d’outils informatiques), les structures France services ont également un grand rôle à jouer dans la lutte contre la fracture numérique. Mais pour une optimisation du dispositif, les collectivités locales doivent être véritablement partie prenante aux côtés des services de l’État. Finalement, ce sont elles qui seront garantes de réponses publiques les plus adaptées aux besoins des citoyens et à chaque spécificité territoriale.

 

* Toulouse métropole = 5 QPV et plus de 68 600 habitants ; 1 Cité éducative