Une « démarche structurante et dynamique » pour les sites industriels de demain

Portait Mme Hermuet lors d'une Fabrique prospective site industriel, le 6/07/2021, à la Banque des territoires

La Fabrique prospective « sites industriels de demain » que l’ANCT organise avec son programme Territoires d’industrie implique huit intercommunalités. Des élus et chef de projet d’EPCI – situés en Pays de la Loire, Paca et Centre Val de Loire – témoignent de l’intérêt de cette démarche pour leurs projets de transformation de leurs zones d’activités.

Porrait Mme Hermouet

Mireille Hermouet
Vice-présidente de la communauté de communes Vie et Boulogne (Vendée), chargée du développement économique

Quels sont les besoins sur votre zone d’activités ?

En tant que collectivité, nous nous positionnons comme des facilitateurs et des accompagnateurs pour apporter de la valeur ajoutée à nos entreprises. Il s’agit de trouver des solutions de gouvernance avec l’ensemble des porteurs de projets, quels que soient d’ailleurs le type du projet et son avancée.
À travers cette expérience, nous souhaitons également faire un laboratoire d’idées qui trouvent leur concrétisation pour servir, demain, l’ensemble des zones économiques du territoire Vie et Boulogne, qui sont aussi concernées par le sujet qui font l’objet de cette Fabrique prospective.

Que vous apporte la Fabrique pour y répondre ?

J’apprécie vraiment l’approche proposée et son professionnalisme. Elle a été réalisée par un bureau d’études qui a su mettre en place une méthodologie qui s’est adaptée à un panel d’entreprises très diversifié et représentatif de notre territoire, de cette terre d’entrepreneurs, de ce tissu économique constitué de PME et PMI.


Sur notre zone labellisée « site industriel clé en main », on trouve des entreprises dans le domaine de l’isolation, du bâtiment, de l’agencement, du transport, de la mécanique… Autant de secteurs d’activités différents qui ont, pourtant, pour objectif de trouver des sujets de convergence entre eux, grâce à une démarche très interactive et qui incite à l’échange.
J’ai également apprécié que cette méthode débouche très rapidement sur des pistes d’action très concrètes. Ce travail s’inscrit dans nos marqueurs d’identité vendéens : bien vivre ensemble, pragmatisme et simplicité.

Quelles sont, aujourd’hui, les pistes d’action que vous allez conduire ?

Elles sont de trois ordres : d’abord, le développement d’une offre de services communs (garde d’enfants, espaces de bien-être, restauration, espace de travail…) car, aujourd’hui, chaque entreprise se doit de travailler sa marque employeur. C’est un axe qu’ont exprimé les chefs d’entreprise dans le cadre de cette fabrique. Ils étaient d’ailleurs déjà dans une logique d’entraide.
Notre deuxième priorité d’action se situe dans la transition écologique. Nous sommes dans l'élaboration d’une boucle vertueuse, au titre de la gestion collective des déchets et de leur valorisation pour en faire des produits ressources pour d’autres activités.
Enfin, un troisième axe plus politique : la recherche d’un cadre de gouvernance officiel pour pérenniser cette impulsion suscitée par le travail au sein de la Fabrique prospective.

À savoir
La communauté de communes Vie et Boulogne regroupe 15 communes, depuis 2017. Cela représente 44 700 habitants et 13 500 emplois sur l’ensemble du territoire, qui compte 40 zones d’activités sur 400 ha.
Implanté sur la commune d’Aizenay, l’Espace Vie Atlantique, labellisé « site industriel clé en main », est traversé par une 2x2 voies. C’est un chantier important du département car c’est une route stratégique qui devrait mener jusqu’au port en eaux profondes de Saint-Nazaire, en Loire-Altantique. Cette zone bénéficie d’une centralité et de cette vitrine.

 

Portait M. Acciai

Bruno Acciai
Vice-président de la communauté de communes de Provence Alpes Agglo (Alpes-de-Haute-Provence), chargé du développement économique

Quels sont les besoins sur votre site, pour les collectivités (Saint-Auban, P2A) et les entreprises ?

Les acteurs publics et l’entreprise Arkema, propriétaire du site, ont engagé un travail de valorisation de la plate-forme industrielle de Saint-Auban. L’objectif principal est d’y attirer de nouvelles entreprises industrielles.
L’idée est de profiter du foncier disponible et des utilités mutualisables pour structurer une offre d’accueil compétitive, qui renforce le positionnement industriel du territoire de Provence Alpes Agglomération.

Que vous apporte la Fabrique prospective pour répondre à cet enjeu ?

La Fabrique nous permet d’être accompagnés pendant douze mois dans cette démarche de structuration. Elle nous apporte un regard neuf, des possibilités de benchmark et d’échanges avec d’autres sites industriels français.
Cet accompagnement nous permet de maintenir une dynamique et une équipe projet mobilisée pour le développement industriel du site. Enfin, nous espérons aussi qu’elle permette un gain de notoriété du site au niveau national.

Quels projets ou actions ressortent de ces travaux ?

Plusieurs axes de travail sont lancés. Nous travaillons sur la structuration de l’offre (fonciers, utilités, coûts de raccordement, etc.), ainsi que sur le marketing et la promotion de la plateforme.
Dans le cadre des séminaires de la Fabrique prospective, un enjeu autour de la gouvernance du site est ressorti des échanges. Nous avons modélisé différentes instances, et nous accompagnons Arkema [NDLR : groupe chimique français, leaders des matériaux de spécialités] pour faire tendre le site vers une logique de plate-forme multi-acteurs industriels.

Portait M. Texeira

Victor Texeira
Directeur de développement économique de la communauté de communes Vierzon Sologne Berry (Cher)

Quels sont les besoins sur votre site industriel, pour les collectivités et les entreprises ?

Vierzon Sologne Berry est une communauté de communes de 40 000 habitants. Elle a une zone d'activités, le parc technologique de Sologne assez récent, commercialisé à partir de 2013. Nous avons été labellisés « site industriel clé en main » en 2019.
Là, on part d’une feuille blanche. Au sein de la Fabrique prospective, on travaille sur tout ce qui est mutabilité, environnement, mobilité… Ce travail au sein de la fabrique nous apporte un soutien en terme d’aménagement de cette zone d’activité, à travail un travail collectif très intéressant.


La communauté de communes a constitué un groupe de travail assez important, constitué d’une trentaine de participants ce qui montre l’enthousiasme des acteurs locaux : chefs d’entreprise, représentants de la région et du département… Des personnes avec des profils pluridisciplinaires et des compétences qui se complètent.
Nous avons déjà fait deux séminaires, en local. Il en ressort quelques pistes notamment sur les enjeux de mobilité douce – autant dans la zone d’activité que le lien avec le centre-ville – et aussi sur la question de la mutabilité des bâtiments. Quand on construit, c’est important de penser à l’après. Les questions environnementales et le mix énergétique aussi sont discutés par ce groupe de travail.
Ce sont des sujets importants qu’il faut prendre en compte, dès maintenant, lorsqu’on est sur des projets d'aménagement d’une nouvelle zone d’activités.

Qu’est-ce qu’on entend par « mutabilité » ?

C’est l’idée d’anticiper l’avenir dès le départ d’un projet d’implantation industrielle, surtout en termes de construction. Le chef d’entreprise doit se dire qu’il construit pour développer son activité mais aussi, si l’activité devait s’arrêter, pour éviter d’avoir une friche industrielle.

Quel est le but, pour vous, de partager votre expérience avec les autres participants de la Fabrique prospective ?

Aujourd’hui, je vais présenter les idées qui sont sorties du séminaire local sur ces questions. Et, surtout aussi, regarder ce qui se passe ailleurs sur ces enjeux, car nous sommes huit intercommunalités et qu’il est intéressant de voir ce qui se passe chez les autres : leurs pistes d’action, échanger des informations et des compétences.

Repères

La Fabrique prospective de l'ANCT vise à identifier les prérequis, en termes d’aménagement et de gestion, pour répondre aux objectifs des sites industriels de demain :

être des sites « clés en main », disponibles dans des délais rapides pour répondre à la demande de développement des industries ;
⇒ permettre la relocalisation industrielle de certains maillons des chaînes valeurs et ainsi la ré-industrialisation française ;
⇒ être en cohérence avec les objectifs de transition écologique (biodiversité, énergie…) ;
être résilients face aux crises (économiques, écologiques, sanitaires) et évolutifs face aux transitions (des modes de vie, écologique, des pratiques du travail, etc.).

Cette démarche est cofinancée par la Banque des territoires et conduite avec l’Assemblée des communautés de France (AdCF) et le Cerema.

 

DR : N. Kharbache/ANCT communication ; DR CC Provence Alpes Agglo