Les écoles de production : un appel à manifestation d’intérêt ouvert jusqu’au 15 octobre 2021

2 jeunes en bleu de travail devant une machine dans une usine

Dans le cadre du plan France Relance, le Gouvernement, en partenariat avec la Banque des Territoires, France Industrie et la Fédération nationale des Écoles de production, lancent un appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Écoles de production », visant à doubler le nombre de ces écoles dans les territoires d'ici à fin 2023.

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4 questions à Dominique HIESSE

Président de la Fédération Nationale des Ecoles de Production (FNEP).

Le modèle des écoles de production se diffuse de plus en plus mais il reste encore méconnu dans certaines régions et territoires. Tout d’abord, pouvez-vous nous dire ce qu’est une école de production ?

Une Ecole de Production, c’est la solution pour satisfaire la demande de dizaines de milliers de jeunes de 15 à 18 ans sortant de collège qui cherchent une formation professionnelle adaptée à leur profil et leurs compétences (car ils ont des qualités, mais pas valorisées par l’enseignement classique), un hybride d’apprentissage et de lycée professionnel correspondant à leur désir d’apprendre autrement et d’exercer un métier sans attendre. En s’exerçant sur de vraies commandes pour de vrais clients, à 2/3 de temps en production par petits groupes de 12 jeunes maximum encadrés par un vrai professionnel du métier, les jeunes reprennent confiance en eux, sont motivés par l’exigence qu’impose la fabrication de quelque chose d’utile qui va servir au lieu d’être jeté, tout en restant dans une ambiance scolaire. L’entreprise est dans l’école.

Et ça marche, avec plus de 90% de diplômés en CAP et Bac Pro et jusqu’à 5 à 6 offres d’emplois par jeune en fin de scolarité, soit en CDI, soit sous le statut d’apprenti en contrat avec une entreprise pour poursuivre leurs études auxquelles ils ont repris goût. Les entreprises qui ont connaissance de notre existence et qui peinent à recruter sont vite parties prenantes des écoles car elles trouvent là une source de jeunes très qualifiés et opérationnels, grâce à la pédagogie du faire pour apprendre pratiquée dans l’école. Les collectivités locales, soucieuses de l’emploi des jeunes et du développement économique de leurs territoires, s’associent aux projets d’écoles qui se créent pour faire éclore un système unique, innovant, reproductible et vertueux.

Comment cette « troisième voie » de formation aux métiers industriels peut-elle s’intégrer dans une communauté « Territoire d’industrie » ?

Très naturellement, dans la mesure où les filières industrielles sont des métiers en tension, notamment pour recruter des jeunes ayant déjà une vraie compétence, un savoir-faire avec une vraie motivation pour le métier et un comportement adapté aux exigences industrielles. C’est ce que les jeunes des Ecoles de Production apprennent et expérimentent « grandeur nature » pendant 3 ans au rythme de 24 heures de pratique par semaine ; leurs compétences techniques sont ainsi supérieures à celles exigées par les diplômes qu’ils ont obtenus.

Territoires d'industrie, la Banque des Territoires, France Industrie se sont associés à la FNEP pour ouvrir un AMI Ecole de production destiné à faciliter et accélérer le lancement de nouvelles écoles de production. Quels sont les déterminants de la réussite d’un projet d’école de production et comment l’AMI favorise-t-il la réunion de ces facteurs de succès ?

Créer un véritable écosystème territorial qui rassemble toutes les parties prenantes  au projet : des responsables d’entreprises de toute taille en recherche de personnel qualifié ainsi que des organisations professionnelles, des personnes issues d’institutions ou associations soucieuses de la formation et de l’insertion des jeunes (rectorats, collèges et lycées professionnels, clubs sportifs, Maisons des Jeunes et de la Culture ,MNA, Missions locales…), des personnes rodées au fonctionnement des collectivités territoriales et des administrations.

Et jouer le partenariat local en créant une association à but non lucratif avec des compétences complémentaires et à sa tête un responsable engagé. La FNEP va ensuite les accompagner tout au long des 12 à 18 mois du parcours de création pour baliser avec précision leur cheminement (étude d’opportunité, étude de faisabilité, demande de pré labellisation, mise en œuvre, ouverture de l’école et amorçage jusqu’à la sortie des premiers diplômés). L’AMI facilite le processus tant sur le plan financier qu’humain. Doubler le nombre d’écoles en 2 ans est un défi passionnant au bénéfice des trop nombreux jeunes sous-estimés et de l’égalité des chances.

Qui dois-je contacter pour m’aider à structurer mon projet ?

La responsable du développement de la FNEP, Vanessa Dequidt : vdequidt@ecoles-de-production.com Toute l’équipe est à votre service pour faire réussir votre projet de création.

Dominique HIESSE. Ingénieur ICAM, cadre de l’industrie pendant 24 ans, puis cofondateur d’un groupe de mécanique rhônalpin (850 p) qu’il dirige et développe pendant 16 ans. A rejoint à titre bénévole les Ecoles de Production depuis 28 ans. Participe à la gouvernance de la Fédération Nationale -FNEP- depuis 11 ans, et la préside depuis 3 ans et demi.

Les webinaires

Pour en savoir plus : la FNEP organise un cycle de plusieurs webinaires par mois pour présenter les écoles de production (prochaine date le 14 juin à 17h00) :

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