Villes moyennes et petites villes : comment l’ANCT accompagne-t-elle les collectivités ?

Photo illustrative représentant les mains de plusieurs personnes qui assemblent ensemble des rouages de couleur, posés sur une table.

L’Agence soutient, en termes financiers et d’ingénierie, les acteurs locaux pour les aider à mener à bien la revitalisation des centres-villes et centres-bourgs. L’ANCT accompagne les 222 communes d’Action Cœur de Ville et, après l’expérimentation menée dans 54 centres-bourgs, elle va accompagner les petites villes grâce à son programme dédié, Petites Villes de demain. Explications.

L’ANCT organise la 3e rencontre nationale d’Action Cœur de Ville (voir le déroulé de la journée), le 8 septembre prochain, et elle prépare le programme d’appui aux petites villes, qui sera lancé prochainement. Jean Guiony, directeur adjoint d’Action Cœur de Ville, et Emmanuelle Le Bris, cheffe de projet Petites Villes de demain*, relatent comment l’Agence intervient auprès des collectivités concernées.

Un appui financier et d’ingénierie de projet

« Dans le cadre du programme Action Coeur de Ville, le premier rôle de l’Agence, c’est de piloter un partenariat national – avec des partenaires financiers, non financiers et plus de six ministères –, puis de déployer un dispositif contractuel – c’est-à-dire les conventions et leurs plans d’actions – sur le territoire, de façon déconcentrée, avec les préfectures.

Les moyens associés sont des investissements proposés sous des formes aussi variées que possible. Mais, cette offre financière ne vient pas seule. L’ANCT mène, en effet, un travail de création d’une communauté et d’une ingénierie autour de ce programme d’appui national.

En ce qui concerne l’animation de la communauté, cela passe notamment par la circulation du savoir et des compétences : c’est une dimension essentielle à laquelle nous participons, par exemple, en organisant des Forums des solutions sur des enjeux de revitalisation, à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine. Plus massivement, les connaissances et les retours d’expériences sont partagés lors des séminaires de directeurs de projets, au niveau de chaque région, proposés par les services déconcentrés de l’État.

Enfin, l’ANCT remplit un rôle évidemment macro : la mise en perspective des actions, de leur impact et des résultats obtenus par rapport au territoire national lui revient. Cela signifie de prêter notamment attention à ce que la revitalisation des villes moyennes soit cohérente avec des enjeux transversaux, comme la lutte contre l’artificialisation des sols, la rénovation énergétique ou la coopération territoriale.
 »
Jean Guiony, directeur adjoint d’Action Cœur de Ville
 

« Le programme Petites Villes de demain, qui va être déployé par l’Agence au sein de chaque région et département, est au service des projets des villes bénéficiaires et de leur territoire. Il va offrir un cadre d’intervention privilégié pour l’ensemble des partenaires mobilisés aux côtés de l’État et des collectivités. C’est donc un point de convergence des volontés d’agir et un levier pour faciliter l’action de chacun, à son échelle et selon ses moyens.

Avec ce programme national, l’ANCT apporte un appui conséquent en ingénierie de projets : elle va aider les territoires à définir et à mettre en œuvre leur projet de revitalisation. Le partage d’expériences et la montée en compétences des équipes des collectivités, que nous accompagnerons, font également partie de nos ambitions pour animer et accroître la valeur ajoutée de ce programme. 
»
Emmanuelle Le Bris, cheffe de projet Petites Villes de demain

Réussites et retour d’expériences des villes

« Nos dispositifs, qu’ils soient étatiques ou parapublics, sont nombreux, touffus, parfois difficiles à lire. Cependant, les villes dynamiques sur le plan de la revitalisation savent « faire leur marché » dans ces dispositifs ; elles savent utiliser à bon escient et au bon moment les politiques publiques et les aides, relève Jean Guiony, directeur adjoint d’Action Cœur de Ville. Ce que l’on note, surtout, c’est que la réussite est possible quelle que soit la situation initiale de la ville – parfois très dévitalisée – et quelle que soit sa taille, et donc sa surface administrative. »

Les ingrédients communs des réussites qui émergent :
⇒ un pouvoir politique ambitieux et stable dans son ambition, qui fait des choix de recrutement de bon niveau et qui accorde une confiance importante à la marge d’action de son technicien ;
⇒ une stratégie opportuniste qui fonctionne par étapes et ne lance pas tous les projets sans agenda précis ni certitude de les mener à bout ;
⇒ enfin, une connaissance directe de son territoire.
« C’est indispensable pour toquer aux portes des propriétaires de logements, de commerce, de bâti historique…, constate Jean Guiony.  Il est parfois nécessaire d’aller jusqu’à vérifier, logement par logement, la vacance réelle du parc de logements et l’état exact des cellules commerciales. »

* Propos recueillis à l’occasion d’un séminaire des écoles d’architectures et de l’ANCT sur la revitalisation des villes (12 mars 2020 - Paris).
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